Roberto Burle Marx (1909-1994)

Publié le

Pour des raisons d’organisation et de temps passé à Rio de Janeiro, je n’ai malheureusement pas eu la chance de pouvoir visité le Sitio Roberto Burle Marx. J’ai donc décidé de résumer la vie de ce paysagiste très connu au Brésil et notamment très représenté à Rio de Janeiro de par ses innombrables réalisations.

 

Roberto Burle Marx s’intéresse à de nombreuses matières artistiques comme la chanson, la bijouterie, la peinture, l’architecture, la sculpture et l’art des jardins. Burle Marx est donc plus qu’un simple paysagiste, c’est un artiste avec une grande sensibilité. Il est reconnu à travers le monde comme l’un des plus grands paysagistes du XXème siècle pour tous les parcs et jardins qu’il a conçus et réalisés, comme un designer d’espaces publics urbains, un artiste mélangeant nature et botanique avec modernité contemporaine, composition végétale avec ordonnancement d’éléments durs tels des rochers ou des murets. On lui attribue ainsi l’introduction d’un « paysagisme moderniste » au Brésil.

 

Roberto Burle Marx est né à São Paulo le 4 Août 1909 et déménage à Rio de Janeiro quelques années plus tard en 1913. Son père est un immigré d’Allemagne (de la ville de Trier). Sa mère est brésilienne d’une classe sociale élevée. Burle Marx a grandi en poursuivant l’intérêt de sa mère et de l’amie de famille Ana Pisaseck pour la jardinage, le paysagisme et les plantes.

 

En 1928-29, il étudie la peinture à Berlin en Allemagne, où on le voit souvent dans les serres du Jardin Botanique de Dahlem. De cette période viennent ces premières inspirations paysagères. C’est là qu’il remarquera pour la première fois la beauté des plantes tropicales et notamment la flore brésilienne.

 

Quand il revient au Brésil en 1930, il commence une collection de plantes et passe beaucoup de temps dans les forêts brésiliennes ce qui lui permet d’explorer et d’étudier les plantes. Il apporte ainsi des connaissances supplémentaires dans les sciences botaniques, notamment la découverte de nouvelles plantes par exemple. Au moins 30 plantes portent aujourd’hui son nom. Il est également très impliqué dans les mouvements pour la conservation et la protection des forêts tropicales des activités commerciales destructrices telles que les cultures de bananes entre autres.

Il va également à l’Ecole Nationale des Beaux Arts à Rio où il se focalise sur les arts visuels avec Leo Putz et Condido Portinare. Pendant ces études, il s’associe avec d’autres étudiants et professeurs qui deviendront les futurs leaders de l’architecture au Brésil et avec des botanistes qui continueront d’avoir une certaine influence dans sa vie personnelle et professionnelle. Parmi eux, son professeur Lucio Costa.

 

Son premier projet paysager a été la réalisation d’un jardin privé dans une propriété dont la maison fut dessinée par les architectes Lucio Costa (qui fut plus tard – 1937-1943 – l’un des architectes du bâtiment du Ministère de l’éducation et de la santé à Rio de Janeiro) et Gregory Warchavchik en 1932. Ce projet, « La Maison Noire » fut le début d’une étroite collaboration avec Costa et lui a permis de gagner en expérience et d’améliorer ses talents de dessinateur et peintre.

Il a travaillé également en étroite collaboration avec l’architecte Oscar Niemeyer, qui dessina par exemple the Pavillon brésilien de la New York’s Fair en 1939.

 

Parmi ses importants projets de jardins, voici ceux qui ont suivi :

- Ministère des Affaires Etrangères à Brasília, Brésil

- les jardins suspendus du Ministère de l’éducation et de la santé à Rio de Janeiro, Brésil en utilisant uniquement la flore brésilienne (architecte partenaire : Lucio Costa)

- la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, Brésil

- les jardins du Complexe Pampulha, Brésil en 1942 (architecte partenaire : Niemeyer)

- le Pavillon brésilien à l’Exposition Internationale de Bruxelles, Belgique en 1958

- le Parque del Este à Caracas, Venezuela en 1959

- le Parque Flamengo à Rio de Janeiro, Brésil en 1962

- le parc du bâtiment de l’Unesco à Paris, France en 1963

- les jardins de l’Ambassade des Etats-Unis à Brasília, Brésil en 1967 et 1972

- les jardins de l’Ambassade iranienne à Brasília, Brésil en 1971

- les jardins de l’Aéroport International de Rio de Janeiro, Brésil en 1978.

 

En 1949, il achète un terrain de 365000 m2 à Barra de Guaratiba, dans les alentours de Rio de Janeiro. Il y commencera sa grande collection de plantes, agrandissant la propriété jusqu’à 800 000 m2. Il était notamment passionné par les orchidées, palmiers, nénuphars et broméliacées du Brésil. Quelques dizaines d’années plus tard, en 1985, il fera don de cette propriété à une organisation culturelle du gouvernement fédéral, Pró-Memória National Foundation, qui aujourd’hui s’appelle le National Institute for Cultural Heritage – IPHAN (Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional / Ministério da Cultura). Cette propriété est devenue un monument national, aujourd’hui appelé Sítio Roberto Burle Marx qui regroupe 3500 espèces de plantes.

 

En 1955, il crée une entreprise de paysagisme appelée Burle Marx & Cia. Il commence à développer une activité de conception paysagère et parallèlement des activités complémentaires de réalisation et d’entretien de jardins résidentiels et publics mais aussi de restauration de jardin. Il a également des demandes en conseil paysager et travaille sur des commissions pour différents pays comme le Brésil, l’Argentine, le Chili et de nombreux autres pays d’Amérique du Sud, la France, l’Afrique du Sud, Washington D.C. et Los Angeles. Enfin cette entreprise a aussi un département qui produit et vend des plantes. Une entreprise dont le spectre d’activités est donc très large. Il ouvre un bureau à Caracas au Venezuela en 1956 et commence à travailler avec les architectes Jose Tabacow et Haruyoshi Ono in 1968.

 

Le travail de Burle Marx se remarque par un sens de l’intemporel et de la perfection. Son sens de l’esthétique est basé sur la nature comme le reflètent certaines de ses habitudes de conception : ne jamais mélanger les couleurs des fleurs, utiliser des grands ensembles d’un même spécimen végétal, utiliser des plantes originaires du Brésil comme un élément structurel de conception, rompre avec les éléments symétriques dans la conception d’espaces ouverts vers l’extérieur, réaliser un ensemble rocheux dans un jardin relaxant. Il était profondément intéressé par le caractère de chaque plante et l’effet qu’elle pourrait donner dans un jardin.

Pour finir, Burle Marx selon lui-même : “La conception paysagère est principalement une méthode que j’ai trouvée pour organiser et composer mes dessins et peintures en utilisant des matériaux moins conventionnels”.

 

L’impressionnante carrière de Roberto Burle Marx se termine lorsqu’il décède le 4 Juin 1994 à l’âge de 84 ans.

Publié dans PAYSAGISTES

Commenter cet article